Penchons-nous sur les fondements de l’œuvre du Dr Robert Hartman : les principes fondamentaux de l’axiologie formelle et appliquée, la science de la valeur.
Dans cette article nous répondrons à deux questions essentielles au cœur de l’axiologie formelle :
Qu’est-ce que le « bien » ?
Qu’est-ce que la « valeur » ?
Vous découvrirez que le Dr Hartman a su appliquer une logique et des mathématiques rigoureuses pour apporter des réponses profondément simples et universellement vraies à ces questions antiques.
Qu’est-ce que le bien ?
Au cœur de cette science se trouve une question profonde, mais d’une simplicité trompeuse : qu’est-ce qui est bon ? Qu’est ce que le bien ?
C’est cette question qui hantait l’esprit du docteur Hartman pendant sa fuite d’Allemagne nazie. Elle a marqué le reste de sa vie. Sa première découverte – et peut-être la plus importante – fut une manière logique, scientifique et universellement vraie de comprendre le concept de « bien » :
Une chose est bonne dans la mesure où elle possède toutes les propriétés [ou attributs] nécessaires pour satisfaire à son concept ou à sa définition.
Logiquement, une chaise est bonne si elle possède toutes les propriétés qu’une chaise est censée avoir.
Qu’est-ce que la valeur ?
Parvenu à cette compréhension universellement vraie de la bonté, Hartman s’est alors demandé si la valeur pouvait elle aussi être comprise avec une telle objectivité.
Titulaire d’un doctorat en philosophie, il savait que la philosophie seule ne suffirait pas à répondre à la question. Il lui faudrait faire appel à son autre doctorat, celui des mathématiques, pour trouver la réponse.
Il est parti du principe que chaque concept possède un ensemble d’attributs qui le décrivent. Par exemple, une chaise simple pourrait être décrite par un petit ensemble d’attributs : quatre pieds robustes, une assise à hauteur de genou et un dossier solide sur lequel s’appuyer.
Mais qu’en est-il du véritable amour ? Existe-t-il une limite au nombre d’attributs qui décrivent le véritable amour ? En utilisant la théorie des ensembles et le calcul transfini, Hartman a démontré que la valeur est déterminée par le nombre d’attributs de l’ensemble qui décrit le concept de la chose évaluée. En bref : plus la complexité est grande, plus la valeur est élevée.
Les trois dimensions de la valeur
De plus, la complexité elle-même se divise en trois catégories définies mathématiquement — ou dimensions de valeur — qu’il a appelées systémique, extrinsèque et intrinsèque.
La dimension systémique traite de concepts synthétiques tels que les règles et les idées. Ces concepts ne comportent que deux possibilités dualistes : être ou ne pas être, juste ou faux, parfait ou inexistant. Il n’y a ni nuances ni degrés dans la dimension systémique.
Les ensembles d’attributs des objets extrinsèques — comme une chaise — peuvent être extrêmement complexes, mais non infinis. La dimension extrinsèque est celle des degrés et des comparaisons : plus, moins, meilleur, passable, pire. C’est selon cette dimension extrinsèque qu’une chaise peut être jugée meilleure, moins bonne ou équivalente à une autre.
La dimension intrinsèque est celle de la complexité infinie. À l’instar du véritable amour, elle est le domaine de l’unique, de l’incomparable, de l’irréductible et de l’irremplaçable.
La hiérarchie des valeurs
En fonction de leur degré de complexité, ces trois dimensions forment une hiérarchie – une hiérarchie des valeurs – où les éléments systémiques ont le moins de valeur (bien qu’ils restent précieux), et les éléments intrinsèques ont la plus grande valeur : une valeur infinie, en fait.
Cette manière de comprendre et d’identifier la valeur ne repose ni sur la morale, ni sur l’éthique, ni sur la religion, ni sur les normes sociales.
Elle relève des mathématiques pures.
Ce que Hartman a découvert n’est pas seulement une hiérarchie des valeurs ; c’est la Hiérarchie des Valeurs — scientifique, mathématique et universelle. Tout ce qui existe peut être identifié et évalué avec précision selon cette hiérarchie.
Vous pourriez vous demander : « La valeur n’est-elle pas quelque chose que nous décidons nous-mêmes ? Les gens n’accordent-ils pas de valeur à des choses différentes ? Comment peut-il exister une hiérarchie universelle des valeurs ? »
Bien que cela soit vrai dans un certain sens, la hiérarchie ne repose pas sur la question de savoir si la glace au chocolat est plus précieuse que la glace à la vanille. Une glace est une glace ; la vanille et le chocolat ne sont que des attributs extérieurs, des saveurs, d’un produit extérieur.
Ce que cette hiérarchie nous révèle – mathématiquement et axiologiquement – c’est que le concept systémique d’un bol de glace possède moins d’attributs et de valeur qu’un bol de glace réel (qui est extrinsèque), et que ce dernier possède à son tour moins d’attributs et de valeur que la glorieuse expérience intrinsèque de savourer un bol glacé de délicieuse glace par une chaude journée d’été.
C’est ce cadre qui est universel. Tout ce qui existe s’y inscrit.
Résumé
Les deux premiers principes fondamentaux de l’axiologie formelle sont :
Une chose est bonne dans la mesure où elle possède toutes les propriétés [ou attributs] nécessaires pour satisfaire à son concept ou à sa définition.
et…
Il existe une hiérarchie universelle des valeurs, définie mathématiquement, composée de trois dimensions de valeur : intrinsèque, extrinsèque et systémique, dans cet ordre.
Nous avons présenté deux principes fondamentaux de l’axiologie formelle : la définition formelle du bien et les trois dimensions de la valeur qui forment la hiérarchie des valeurs.
Nous allons maintenant explorer quelques principes d’axiologie appliquée, où nous développons ces principes formels de manière à les intégrer plus pleinement, rationnellement et expérimentalement dans notre vie quotidienne et notre travail.
Un autre regard sur « LE BIEN »
Commençons par revenir sur la définition de « bien ou bon ».
Là encore, la définition formelle originale du Dr Hartman stipule qu’une chose est bonne dans la mesure où elle possède toutes les propriétés (ou attributs) nécessaires pour remplir son concept ou sa définition.
Tout concept a une finalité intrinsèque.
Par exemple, la fonction la plus courante d’une chaise est de maintenir une personne en toute sécurité à hauteur des genoux et de lui offrir un dossier stable sur lequel s’appuyer. La chaise ne peut remplir cette fonction que si elle possède toutes les caractéristiques requises.
Une autre façon utile de définir et de concevoir la notion de « bien » est la suivante : une chose est bonne dans la mesure où elle possède tous les attributs nécessaires pour remplir sa définition et sa finalité.
Envisager la notion de qualité sous l’angle de la finalité et des attributs nous permet de comprendre que chaque attribut ou partie d’une chose contribue à la valeur de l’ensemble. Par exemple, le dossier d’une chaise lui confère la précieuse caractéristique d’offrir un appui solide.
Cette définition axiologique appliquée du bien peut s’appliquer – presque intuitivement – à tout : d’une idée ou d’une stratégie à la construction d’une maison, la préparation d’un repas, la rédaction d’un courriel, l’éducation des enfants, l’élaboration de lois et de politiques, l’embauche d’employés ou l’achat d’une voiture. Essentiellement, à tout.
Si vous réfléchissez bien, vous ne trouverez rien dans votre vie ou dans le monde où cette définition ne soit pas objectivement vraie et applicable.
Pour appliquer cette définition, il suffit de se demander : cet objet possède-t-il tous les attributs nécessaires à l’accomplissement de sa fonction ? Bien entendu, pour parvenir à une réponse pertinente, il est indispensable de bien définir au préalable la finalité de cet objet.
Un autre regard sur la hiérarchie des valeurs
À présent, revenons sur la hiérarchie des valeurs, non seulement du point de vue de la complexité des attributs, mais aussi du point de vue de la qualité de vie.
Pour illustrer ce principe, prenons l’exemple du véritable amour.
L’idée du véritable amour est importante, mais ce n’est qu’une idée, un concept systémique abstrait. En tant que concept systémique, soit on la comprend, soit on ne la comprend pas. Même si on la comprend, l’idée seule n’améliore guère la qualité de vie. Surtout si on le compare au véritable amour en actes et en comportements (amour extrinsèque), qui présente à la fois une plus grande complexité et une plus grande valeur en termes d’amélioration de la qualité de vie.
Mais l’expérience intrinsèque d’aimer véritablement et d’être véritablement aimé – à l’image de la vie elle-même – possède des qualités incommensurables et est d’une valeur inestimable et irremplaçable. En un sens véritable, elle définit la qualité de la vie.
Ce que nous pouvons donc constater, c’est une corrélation directe entre la complexité croissante des attributs et l’amélioration de la qualité de vie.
Plus on monte dans la hiérarchie, du systémique à l’extrinsèque puis à l’intrinsèque, plus la complexité est grande, plus les éléments de chaque dimension ont la capacité d’enrichir la qualité de vie.
Du fait de cette corrélation directe, d’un point de vue d’axiologie appliquée, nous pouvons envisager la valeur non seulement comme une fonction des degrés de complexité, mais aussi comme la capacité d’améliorer la qualité de vie.
Il convient toutefois de formuler une réserve importante : la hiérarchie formelle des valeurs nous enseigne que lorsque nous réfléchissons à la qualité de vie, nous devons prendre en compte la qualité de vie de toutes les personnes concernées , et pas seulement la nôtre.
Voici donc le principe complet pour formuler des jugements de valeur éclairés d’un point de vue axiologique appliqué :
La valeur d’une chose se mesure à sa capacité d’améliorer la qualité de vie de toutes les parties prenantes.
Précédemment, nous avons cité l’observation du Dr Hartman selon laquelle « Bien que la mesure de la valeur soit universelle et objective, il convient de noter que son application est subjective. »
Pensée axiologique = Création de valeur positive
Voici le défi : alors que l’axiologie formelle et la hiérarchie des valeurs fournissent une mesure objective de la nature de la valeur, la nature de l’esprit humain est entièrement subjective.
De plus, toute création de valeur n’est pas positive. La hiérarchie des valeurs fonctionne dans les deux sens : de la valeur positive infinie (le bien) à la valeur négative infinie (le mal).
Et pourtant, à la base de presque tous les comportements humains — inscrit dans notre nature même — se trouve le désir de créer et de préserver une valeur positive qui améliore la qualité de vie.
Ceci nous amène à un autre principe de l’axiologie appliquée : la pensée axiologique = la création de valeur positive.
La création de valeur positive est maximisée uniquement lorsque nos choix et nos actions sont pleinement alignés sur la hiérarchie des valeurs : intrinsèque, supérieure à extrinsèque, supérieure à systémique.
Notre pensée n’est pas toujours « exacte » (d’un point de vue axiologique).
Mais nous ne réussissons pas toujours. Notre raisonnement peut être erroné.
Nos jugements de valeur sont façonnés par nos connaissances limitées et par les croyances et préjugés ancrés dans notre vécu. Cette subjectivité est source de richesse culturelle, de diversité et d’innovation, mais elle peut aussi engendrer des erreurs, des échecs, voire des conflits violents.
Lorsque nos choix et nos actions ne sont pas alignés sur la hiérarchie, la valeur, la bonté et la qualité de vie sont limitées, diminuées ou détruites.
Cette vérité s’est vérifiée tout au long de l’histoire de l’humanité. Nous l’avons tous vécue, consciemment ou non.
C’est pourquoi le Dr Hartman a développé le Hartman Value Profile™ – une méthode d’évaluation qui mesure comment les gens perçoivent et jugent la valeur par rapport à la hiérarchie.
Pour l’heure, retenez ceci : si nos jugements de valeur façonnent la qualité de nos choix et, par extension, la qualité de notre travail, de nos relations et de notre vie, alors comprendre et affiner notre façon d’évaluer – c’est-à-dire notre façon de penser – est essentiel pour atteindre notre plein potentiel, en tant qu’individus, organisations et sociétés.
C’est précisément ce que nous aide à faire le profil de valeur créé par Hartman.
En conclusion
Récapitulons tous les principes de l’axiologie formelle et appliquée que nous avons présentés :
Définition du bien : Une chose est bonne dans la mesure où elle possède tous les attributs requis pour remplir sa définition et sa finalité.
La hiérarchie des valeurs : les valeurs intrinsèques sont supérieures aux valeurs extrinsèques, qui sont elles-mêmes supérieures aux valeurs systémiques.
Plus un objet possède d’attributs, plus sa capacité à améliorer la qualité de vie est grande, et plus sa valeur est élevée.
Et…
Pensée axiologique = Création de valeur positive :
La création de valeur positive est maximisée uniquement lorsque nos choix et nos actions sont alignés sur la hiérarchie des valeurs.
Ces principes constituent le fondement de l’axiologie formelle et appliquée.
A venir
Dans les pages suivantes, nous détaillons les trois dimensions : la dimension systémique, la dimension extrinsèque, la dimension intrinsèque.
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Bonne lecture 😉